06mai

Mon toit

Hier, je suis allée voir un concert à la Salle Pleyel, à Paris.
Voir et écouter.
Voir le musicien enlacer sa contrebasse avec tendresse, de ses deux mains, sûres, agiles, comme une grande dame de bois entre ses bras. Et écouter, en fermant les yeux parfois, la voix qui monte, les langues que l’on ne comprend pas, et les mélodies qui portent loin, qui portent haut, qui portent… tout court.
Je me suis rappelée alors le concert d’Emilie Simon, vu dans cette même salle un an plus tôt. À quel point il m’avait remuée, secouée, emportée loin, haut, tout court.

En écoutant Avishai Cohen hier soir, la tête dans mes mains, en le voyant sur scène, je me suis dit que c’était ça. Que c’était là que je voulais être. Peut-être pas sur ce plateau (encore que) mais à cet endroit précis, face aux visages inconnus. J’ai senti au plus profond que ses planches devaient être ma maison. Que ce foyer, je voulais le faire mien, encore et encore, toujours plus loin, plus haut. Toujours. Comme une évidence, quelque chose de solidement ancré, de certain, comme si je ne me l’étais jamais avoué auparavant. Tout était clair. C’était ÇA. C’était moi.
Aujourd’hui, j’encre, je remonte mes manches et les jambes de mon pantalon. À bras le corps, je prends. Je prends tout. Sur mon dos. Dans mes bras. Entre mes mains. Dans mes poings. Et au creux, juste là.
Parce que je ne suis plus sans domicile.

Parce que j’ai trouvé mon toit.

 

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