Le vendredi 24 mai, Luciole et Marine Baousson prendront le contrôle du Twitter officiel de l’Office du tourisme de la ville de Paris !
Pour les suivre pas à pas et découvrir leur capitale à elles, ce sera par ici : https://twitter.com/ParisOTC
Hier, je suis allée voir un concert à la Salle Pleyel, à Paris.
Voir et écouter. Voir le musicien enlacer sa contrebasse avec tendresse, de ses deux mains, sûres, agiles, comme une grande dame de bois entre ses bras. Et écouter, en fermant les yeux parfois, la voix qui monte, les langues que l’on ne comprend pas, et les mélodies qui portent loin, qui portent haut, qui portent… tout court.
Je me suis rappelée alors le concert d’Emilie Simon, vu dans cette même salle un an plus tôt. À quel point il m’avait remuée, secouée, emportée loin, haut, tout court.
En écoutant Avishai Cohen hier soir, la tête dans mes mains, en le voyant sur scène, je me suis dit que c’était ça. Que c’était là que je voulais être. Peut-être pas sur ce plateau (encore que) mais à cet endroit précis, face aux visages inconnus. J’ai senti au plus profond que ses planches devaient être ma maison. Que ce foyer, je voulais le faire mien, encore et encore, toujours plus loin, plus haut. Toujours. Comme une évidence, quelque chose de solidement ancré, de certain, comme si je ne me l’étais jamais avoué auparavant. Tout était clair. C’était ÇA. C’était moi.
Aujourd’hui, j’encre, je remonte mes manches et les jambes de mon pantalon. À bras le corps, je prends. Je prends tout. Sur mon dos. Dans mes bras. Entre mes mains. Dans mes poings. Et au creux, juste là.
Parce que je ne suis plus sans domicile.
Comme il est bon de partir, de laisser tout derrière, de se dire qu’on s’en fiche, tout sera là en rentrant : les doutes et les questions, la liste des choses à faire, l’attente souvent trop longue, l’ordinateur qui chauffe de tant d’heures de pérégrinations sur la toile qui me détournent, distraite, et puis les mots-étoiles qu’on aimerait chanson-constellation en les reliant bien, en les cousant correctement les uns aux autres, ensemble, même si on se pique le bout des doigts avec l’aiguille parfois… Quelques jours loin de la maison où, le téléphone presque coupé, la 3G éteinte, les mails inaccessibles, les réseaux rompus, on ré-apprend pas à pas à regarder autour, à se sevrer un peu… Parenthèse chérie (comme j’aime les parenthèses).
3 petits jours et puis s’en vont.
Rentrer et tout d’un coup laisser surgir l’impatience de revoir l’écran s’allumer, de découvrir la longue liste des petites enveloppes dans ma boîte aux lettres virtuelle, les pensées, les photos des êtres proches bien qu’éloignés (Ouvrez la parenthèse : géographiquement parlant. Fermez la parenthèse.) qui naviguent et me content leurs dernières aventures. Tant et tant à rattraper. Puiser. Regarder. Cette fois, regarder dedans. Retrouver ce que l’on avait laissé là, en suspens. Et observer tout ça d’un autre oeil, finalement. Embrasser ces doutes, ces questions comme de vieux amis, ressortir la liste des choses à faire, repenser aux mots-étoiles et se dire qu’il est temps. Attendre. De nouveau. Et puis quand les ongles couleur océan ne suffisent pas, lever la tête et voir un bleu bien plus grand et… oui, plonger dedans.
C’est l’histoire de Miles (5 ans) et de ses parents, Peggy et Fred, qui s’apprêtent à partir découvrir le monde.
L’histoire d’une chaîne de chansons qui se construit petit à petit pour les accompagner dans leur aventure.
Luciole y a participé, leur proposant de voyager sur… un bateau de papier plié.
J’aime regarder.
Oui.
J’aime regarder les gens dans les transports en commun.
Lorsque mon trajet est long et que j’ai la chance de me trouver une petite place pour m’assoir, que je sais que j’en ai pour de longues stations, je dévore mon bouquin du moment (le livre de poche est presque mon meilleur ami dans ce cas). Par contre, lorsqu’il est court ou composé d’un, voire de plusieurs changements, mon programme est tout autre : les écouteurs vissés sur mes oreilles et les yeux pire que grands ouverts, je regarde, je regarde tout ! Et tout… m’inspire. Et tout se mélange : les musiques que je découvre et les détails que j’observe. J’aime regarder les mains des gens, leurs doigts, leurs bijoux, j’aime voir s’il porte un anneau à l’annulaire gauche et, si c’est le cas, les imaginer en robe blanche ou costume chic. Je m’invente leur moitié, me raconte leur histoire et le temps passe plus vite… Je me demande aussi si le nez et les oreilles continuent de grandir, je mène mon enquête dans les souterrains parisiens. J’observe les visages, décrypte les expressions, les fronts plissés, les sourires à l’envers, les mines contrariées ou les teints détendus. Je me demande souvent quelle tête je fais moi, dans le métro, quelle tête elle a ma tête quand je suis seule et que je ne dis rien ? C’est surtout les bouches qui m’intéressent, la forme que prennent les lèvres lorsqu’elles sont immobiles. Les années passent et les figures s’ancrent peu à peu, se figent… Que peut-on lire sur un visage ? Si son propriétaire a un air doux, aimable ou austère, est-ce vraiment le cas ou est-ce juste parce que le temps l’a fixé ainsi quand il ne bouge pas, quand il est « au repos » ? Lorsque mon regard croise des commissures serrées, ou des qui tombent tristement, je souris en grand, je souris fort, je souris presque bruyamment, me cherche dans le reflet d’une vitre car voilà… je ne veux pas qu’on voit les soucis sur mon front ou mes lèvres de pinçon pincées. Je ne veux pas qu’ils restent, qu’ils se voient à l’oeil nu et je veux les chasser à grands coups de fossettes. Et si quelqu’un comme moi, un « scruteur » du métro, tombe nez à nez avec le mien, je veux qu’il ne voit que ma joie, mes espoirs, le reste m’appartient.
Il y a des périodes comme ça où l’on se sent lutter, où l’on ne cesse de se débattre, où des tas de petites choses se transforment en montagnes impossible à gravir, où l’on attend, on tourne en rond, comme un tigre dans une cage aux barreaux de fumée, on bat des mains, on bat des bras, fort, fort, pour ne pas boire la tasse mais…
Mais heureusement, dans ces moments, il y a ces petits détails qui m’accrochent, ces toute petites petits choses minuscules qui m’étirent un sourire. Juste quelques fractions de seconde et puis, le monde, le vrai, à nouveau… mais là, suspendu, le temps s’arrête un peu et soudain tout est bien. C’est la carte du monde que l’on gratte en attendant le prochain pays à découvrir, le space invader caché dans un recoin, les mots d’espoir qui habillent le métro, la petite fille aux yeux brillants dans la salle d’attente du médecin. C’est danser tard et se rendre compte qu’on connaît encore ces vielles chansons par coeur, c’est décider que finalement on peut manger des céréales au dîner, c’est laisser la fièvre gagner juste quelques heures pour avoir une bonne excuse pour ne pas bouger. C’est surprendre un morceau de conversation d’une bande d’adolescentes qui sortent du lycée et c’est se laisser surprendre par un fou rire à en pleurer. C’est découvrir un nouveau petit mot qui dit que je dois continuer. C’est y croire un instant, tenter de ne pas l’oublier…
Je veux ouvrir mes yeux en grand, sourire encore aux petites choses, aux miracles furtifs, aux tous petits bonheurs, les brefs, les instantanés. Je veux ouvrir des parenthèses dorées dans mes attentes trop longues, dans mes doutes bleutés… Heureusement.
Pour ceux qui souhaiteraient y assister, elle aura donc lieu le 22 février prochain à 20h, à l’Amphithéâtre du Centre Malesherbes de l’Université Paris-Sorbonne. L’entrée est libre, il vous suffit de réserver ici : agenda-culturel@paris-sorbonne.fr
Retrouvez les photos de l’Olympia dans l’onglet Photos/Sur scène, capturées par la talentueuse Victoire de Changy, également auteur de la pochette de l’EP…
Ce soir le nom de Luciole figurera en petites lettres rouges au-dessus de celui d’Oldelaf sur la mythique façade de l’Olympia…
Rendez-vous à 20h précises pour la découvrir en 1ère partie !
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